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L'ENVOL DU QATAR

L'AUTEUR
Né à Paris en 1949, l'auteur s'engage dans l'Armée de l'Air à moins de vingt ans pour devenir pilote de chasse. Issu du rang, il gravit les échelons professionnels en pilotant les principaux avions d'entrainement et de combat de la seconde moitié du 20e siècle (Fouga Magister, T33, Mystère IVA, Mirage III, Jaguar et Mirage FICR). Il a raconté cette partie opérationnelle de sa carrière terminée après la guerre du Golfe de 1991 dans «Le Ciel est mon désir» (chez le même éditeur). 

Parmi les 5200 heures de vols inscrites dans ses carnets de vols (dont 3600 sur monoplaces de combat) cent-trente-trois sont effectuées en missions de guerre en Afrique et au Moyen-Orient, l'essentiel des autres étant consacrées à la préparation à l'affrontement avec les forces du Pacte de Varsovie. 

Après trois années comme second du Service d'Information et de Relations Publiques de l'Armée de l'Air, il est affecté comme attaché de Défense au Qatar. Trois années que les événements vont rendre cruciales dans sa carrière. De retour en métropole, en lieu et place du commandement de la base qui lui était destiné, il est nommé second du Service d'Information et de Relations Publiques des Armées, qui devient la DICoD (Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense) quand il quitte le «SIRPA Central».

A l'issue de cette année il est nommé à la tête de la Géographie militaire des armées avant de terminer sa carrière comme second des Écoles de l'Armée de l'Air avec le grade de général de brigade aérienne. Après avoir quitté le service actif, il s'investit dans le monde associatif et continue de voler sur Fouga Magister. L’avion de ses débuts.

Yvon Goutx est officier de la Légion d'Honneur et de l'Ordre National du Mérite, titulaire d'une citation et d'autres décorations dont la Médaille de l'Aéronautique et la Médaille de Vermeil de la Ville de Paris.

  • Les courts extraits de livres : 28/02/2014

Le SIRPA Air
Après vingt-deux ans et demi de service dont dix-huit en unités opérationnelles comme pilote de chasse, je suis affecté au SIRPA Air (Service d'Information et de Relations Publiques de l'Armée de l'Air). La signification du sigle, encore affichée en 1991 au rez-de-chaussée du 26 boulevard Victor, est Service d'Information, de Recrutement et de Presse des Armées - Département Air. J'en deviens le second du Colonel Jacques Rolland, officier du corps des mécaniciens de l'air, qui affiche plus de 5 000 heures de vol dont quelques-unes à la «marque» (équipe d'officiers et de sous-officiers chargés de suivre le développement d'un matériel acquis par l'Armée de l'Air) du SEPECAT Jaguar. C'est mon premier poste en état-major. J'y arrive le 2 septembre 1991.

J'ai eu le temps d'installer notre couple au 4, rue des Thuyas, à La Queue-lez-Yvelines, près de Montfort-L'amaury, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Notre-Dame de Paris, dans le département des Yvelines. J'y loue une belle villa à un certain Monsieur Hennique, employé de Thomson CSF, division simulation. Nous y avons emménagé en août, en provenance de notre appartement de la Cité des Mélèzes, à Saint-Dizier, chef-lieu d'arrondissement de la Haute-Marne où j'ai passé deux ans comme second puis commandant de la 7e Escadre de Chasse.

Cette affectation surprend bon nombre des camarades de ma promotion salonaise. Certains me demandent même ce que j'ai fait comme c... pour échouer là ! Second de ce service n'est en effet pas connu pour être «sur la voie royale» ce qui laisse penser que je suis mis «dans un placard». Mais les choses ont évolué et on me l'explique.

La guerre pour la libération du Koweït, plus connue sous le nom de «guerre du Golfe» a été médiatisée à l'extrême. Bien que n'ayant pas participé au conflit, j'ai eu l'honneur de commander le premier détachement de Jaguar, du 13 août au 6 décembre 1990 et d'y conduire les premiers félins d'attaque le 15 octobre. Et j'ai failli y retourner le 10 février 1991, en plein conflit, pour remplacer mon successeur qui ne brillait pas !

Durant les hostilités, du 17 janvier au 28 février 1991, le Général de Corps aérien Jean-Claude Lartigau, commandant ce qui est encore la Force Aérienne Tactique et la lre Région Aérienne (FATac-lre RA), a souvent fait appel à moi lorsque les médias voulaient en savoir plus sur ce qui pouvait se passer en Arabie Saoudite, au Koweït et en Irak.

Et il semble que mes prestations devant les micros et les caméras aient répondu à l'attente des spécialistes et des journalistes...

Un vol effectué avec le Directeur du personnel, le Général de Corps aérien Jean-Claude Lebrun, le 6 mars 1991, aurait confirmé ces capacités. Toujours est-il qu'il a proposé mon nom pour tenir ces responsabilités de «porte-parole» de l'Armée de l'Air.Me voilà donc devenu spécialiste de la communication. Enfin, restons modeste, car j'ai encore beaucoup à apprendre. Mon patron, le Colonel Jacques Rolland, est le chef du SIRPA Air depuis le 30 juin 1989. Il est le conseiller, dans ce domaine, du Général Jean Fleury, Chef d'état-major de l'Armée de l'Air. Pendant la crise du golfe, tous deux se sont heurtés avec le chef du SIRPA Central, le Général de Brigade Raymond Germanos. Ce dernier veut garder la main sur ce qui se dit sur le conflit. Ceci conduit à des messages stupides repris à l'envi par les journalistes dont : «le Jaguar ne peut pas tirer de nuit», alors que je commandais, du 31 août 90 au 1er septembre 1991, la 7e Escadre de Chasse, équipée de ce type d'aéronef et dont la mission principale est encore nucléaire. Pensez-vous réellement que cette mission ne pouvait être décidée par le Président Mitterrand ou ses deux prédécesseurs que lorsqu'il faisait jour et par beau temps ? Soyons sérieux !

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